Amiante : le risque persistant des pathologies professionnelles en 2022
L’année 2022 a présenté des chiffres mitigés concernant la sinistralité des maladies professionnelles, avec une diminution globale des cas. Cependant, l’amiante demeure une cause majeure de pathologies professionnelles, malgré une tendance baissière sur le long terme. Les données de l’Assurance Maladie – Risques professionnels confirment que ce fléau historique continue d’affecter la santé des travailleurs.
Amiante : une cause majeure des cancers professionnels
En 2022, l’amiante représentait la cause la plus significative des cancers d’origine professionnelle, comptant pour 77 % des 1 652 nouveaux cas reconnus cette année-là. Ces chiffres mettent en lumière l’héritage des expositions passées et la longue période de latence caractéristique des maladies liées à l’amiante.
Types de cancers liés à l’amiante
- Cancers bronchopulmonaires primitifs : provoqués par l’inhalation de poussières d’amiante, ils constituent 60 % des cancers liés à l’amiante sur la période 2018-2022, avec 60,9 % pour l’année 2022.
- Affections consécutives à l’inhalation de poussières d’amiante : elles représentent 40 % des cas, dont 70 % sont des mésothéliomes malins primitifs de la plèvre, une forme agressive et souvent fatale.
Évolution des maladies professionnelles liées à l’amiante
Le nombre de maladies professionnelles liées à l’amiante a diminué de 69 cas entre 2021 et 2022, s’inscrivant dans une tendance à la baisse depuis 2011. Cette évolution résulte d’une baisse des cas du tableau n°30 (-128 cas), compensée en partie par une augmentation du tableau n°30 bis (+59 cas).
La diminution des dépenses liées à l’amiante a également contribué à la réduction progressive du versement annuel au Fonds d’indemnisation des victimes de l’amiante (FIVA), qui était de 220 millions d’euros depuis 2021. De plus, la baisse des prestations liées aux affections provoquées par la poussière d’amiante (-60 millions d’euros, soit -12,4 % sur un an) a fait chuter globalement le coût des maladies professionnelles.
Disparités régionales et coûts financiers
Malgré cette tendance encourageante, des disparités subsistent entre les régions. En 2022, la part des maladies professionnelles liées à l’amiante imputées au compte spécial (lorsqu’il était impossible d’identifier l’employeur) représentait en moyenne 28,2 % au niveau national, avec des variations importantes allant de 7,8 % à 48,2 % selon les régions. Ces différences montrent que les efforts pour harmoniser l’imputation des maladies professionnelles sont moins efficaces pour l’amiante que pour d’autres pathologies.
Conclusion : un combat toujours d’actualité
L’année 2022 confirme que les pathologies liées à l’amiante restent un enjeu majeur de santé au travail. Bien que le nombre de cas et les dépenses aient diminué, la prépondérance de l’amiante dans les cancers professionnels et la longue période de latence de ces maladies nécessitent une vigilance constante. Pour les formations en santé et sécurité au travail (SST), la sensibilisation aux risques de l’amiante, la traçabilité des expositions et les procédures sécurisées de désamiantage sont essentiels pour protéger les travailleurs exposés et ceux potentiellement exposés à l’avenir.
Source : Rapport annuel 2022 de l’Assurance Maladie – Risques professionnels, publié en décembre 2023.