Santé mentale au travail : reconnaissance des affections psychiques comme maladies professionnelles en 2022

Santé mentale au travail et maladies professionnelles

Santé mentale au travail : la reconnaissance croissante des affections psychiques comme maladies professionnelles en 2022

En 2022, bien que l’on ait observé une diminution générale des cas de maladies professionnelles (MP), un phénomène contraire notable a émergé : la reconnaissance accrue des affections psychiques liées au travail. Cette dynamique révèle une attention renforcée portée aux risques psychosociaux et à la santé mentale au sein des milieux professionnels.

Progression notable des affections psychiques

Les Comités Régionaux de Reconnaissance des Maladies Professionnelles (CRRMP) ont enregistré une augmentation des avis favorables concernant les affections psychiques. Alors que la reconnaissance globale des MP avait chuté de 6,4 %, les cas soumis sous l’alinéa 7 de l’article L 461-1 du Code de la Sécurité sociale ont augmenté de 16 % par rapport à 2021, avec 2 478 avis favorables. Plus frappant encore, 75 % de ces avis concernaient des affections psychiques, soit 1 814 cas en 2022, traduisant une hausse de 16 % par rapport à l’année précédente. Cette progression se reflète également dans l’augmentation des maladies hors tableau, notamment dans le chapitre V de la CIM 10, relatif aux troubles mentaux et du comportement.

Facteurs expliquant cette augmentation

Plusieurs facteurs expliquent cette tendance à la hausse. D’une part, des évolutions réglementaires ont assoupli les conditions de reconnaissance des maladies professionnelles, notamment en supprimant l’exigence de consolidation de l’état de santé avant la saisine du CRRMP. D’autre part, une meilleure identification des pathologies telles que les dépressions (+17 %), les troubles anxieux (+14 %) et les états de stress post-traumatique (+11 %) contribue à cette progression.

Le « burn-out » et sa future reconnaissance

Le syndrome d’épuisement professionnel, communément appelé « burn-out », n’était pas encore intégré en 2022 dans les classifications internationales comme le DSM IV ou la CIM 10. Il était souvent reconnu sous des diagnostics comme les dépressions sévères ou l’anxiété. Cependant, avec l’adoption de la CIM 11 en mai 2019, ce syndrome commence à être officiellement mentionné, ouvrant la voie à une reconnaissance plus explicite dans le futur.

Conclusion : Un enjeu de prévention majeur

La tendance observée en 2022 souligne l’importance cruciale de la santé mentale au travail. Les entreprises sont désormais confrontées à la nécessité d’intégrer ces préoccupations dans leurs dispositifs de prévention des risques professionnels. Pour les formateurs en santé et sécurité au travail (SST), le domaine évolue rapidement, demandant une adaptation constante des compétences pour mieux identifier, prévenir et accompagner les salariés touchés par ces affections psychiques. La santé mentale au travail s’impose ainsi comme un pilier essentiel du bien-être et de la sécurité en entreprise.

Source : Rapport annuel 2022 de l’Assurance Maladie – Risques professionnels, publié en décembre 2023.